Bien chers Amis,
"Voici le temps
favorable, voici le jour du
Salut…"
Non, le Carême n'est pas un temps triste, ni austère, ni morbide ! La Liturgie nous dit que c'est
"le temps favorable", c'est-à-dire le temps de la faveur de Dieu, le temps où, comme pour l'enfant
prodigue, il va nous montrer à quel point nous sommes ses "favoris". Donc, temps de grâce, période de faveur
à travers laquelle, selon le psalmiste, "Il nous conduira jusqu'au port de notre désir…".
En
effet, nous sommes des êtres de désir. Notre âme bouillonne de désirs de toutes sortes. Le Carême, c'est
l'opportunité pour nous de "hiérarchiser" nos désirs, de permettre au Seigneur de nous montrer ceux qui sont
authentiques, profonds, vitaux, personnels, de ceux qui sont illusoires, superficiels, inutiles, peccamineux,
dangereux…
Ainsi, la grâce du Carême est-elle irremplaçable, car autant Dieu veut combler nos "vrais et bons
désirs", ceux qui constituent le fond de notre personnalité, notre "vrai moi" ("Il ne m'a jamais rien demandé
qu'Il ne me l'ait fait désirer auparavant", Ste Thérèse de l'E.J.), autant ils peuvent être étouffés,
stérilisés, ou détournés, par l'égoïsme et l'orgueil de notre égo, ce "faux moi" qui, si souvent, usurpe notre
véritable identité.
La question est donc : quels sont les plus profonds désirs que Dieu a mis en moi ? A quoi dois-je
renoncer pour les faire vivre ?
Chez nos frères chrétiens orientaux, le Carême est le temps… des alléluias ! En effet, c'est le
moment où, rentrant en nous-mêmes, nous pouvons dire: j'irai vers mon Père, et je lui dirai: Père
!
Douleur, car nous constatons avec peine, combien nous nous sommes, souvent insensiblement,
éloignés de Dieu, mais Joie, grande Joie, car Il nous attend pour nous serrer sur Son Cœur de Père…qui ressemble
tant à un Cœur de Mère ! Un seul soupir de repentance, et voilà les vannes de Sa Miséricorde grandes
ouvertes.
Demandons au Seigneur cette "tristesse selon l'Esprit qui nous conduit à la repentance"
(Paul…), mais surtout entrons avec Lui dans la Joie du Retour, de la Réconciliation, du
recouvrement de notre condition de fils et filles bien-aimés du Père.
Bénie soit l'Eglise, qui dans son rythme liturgique, nous propose une telle opportunité
!
Justice de Dieu et
Aumône.
Dans son homélie pour le Carême 2010, Benoît XVI nous explique que le mot hébreu
Tsedaqa, qui désigne la vertu de Justice, signifie tout autant l'acceptation totale de la Volonté de Dieu,
que la Justice envers le prochain, particulièrement le pauvre, le spolié, l'étranger.
Car donner au pauvre n'est rien d'autre que la
réciprocité de ce que Dieu a fait pour nous: Il s'est "ému de la misère de Son
Peuple".
L'Entreprise pour la
Paix…
Voilà pourquoi, aux "Entrepreneurs pour la Paix", nous ne dissocions
jamais la recherche de la Volonté de Dieu, le désir de Lui plaire, de l'appel à donner à qui a besoin. C'est le même mouvement, c'est le mouvement qui est à l'intérieur même de Dieu.
Pauvres de nous, si au moment de notre passage vers l'Eternité, le Seigneur nous dit : "tu me demandes une
Miséricorde, une générosité, que tu n'as jamais accordées à ton prochain dans le besoin…" !
La
Paix, la vraie Paix, c'est donc le don qui nous est fait quand
nous recherchons tout à la fois la volonté de Dieu, et le secours à donner à nos frères. Voilà à quoi nous
travaillons tous ensemble.
Savez-vous, chers Amis, que la beauté de vos âmes nous émeut autant, sinon plus, que l'intensité
de vos besoins (pour ceux que nous aidons) ou que l'importance de vos dons (pour ceux qui nous aident)
?
…demande de l'Enthousiasme
!
Enthousiasme, étymologiquement : être en Dieu. Pour stimuler notre Enthousiasme au service de
Dieu et des pauvres, nous avons décidé qu'à chaque numéro de "La Gazette", nous vous présenterions 2 Communautés
parmi celles que nous aidons.
Aujourd'hui, vous découvrirez la Communautédu
Cenacolo fondée par Sr Elvira: un miracle permanent, et le Foyer Jean-Paul II qui renoue avec les anciens petits séminaires : une immense
espérance pour demain.
Nous aurons les Communautés que nous méritons !
Nous nous plaignons souvent que l'Eglise en Occident est en perte de vitesse. Ca n'est pas faux,
mais sommes-nous conscients de nos responsabilités ?
A
ce sujet, je laisse parler Bertrand Dumas de Mascarel:
"Bien avant la construction de cathédrales, les
dons privés aux abbayes et l'offrande de messes (la lex orandi, dès le 2nd siècle), appartient à
une tradition immémoriale et populaire.
Ils sont même le fonds des plus anciennes archives
d'Occident.
Cette occasion d'user ainsi
librement de notre générosité au bénéfice de l'Eglise nous est offerte parce qu'elle est
salutaire.
Elle nous associe aux œuvres de
la Providence et à l'espérance des âmes du Purgatoire.
Infatigable dispensatrice d'une aide participative,
l'Association "Tous Entrepreneurs pour la Paix" se trouve à la croisée des
chemins … des besoins matériels et spirituels de toute une population.
Réveillons avec elle ce trésor
de notre tradition : l'aumône et les donations faites aux clercs et
aux monastères."
Voilà, chers Amis, tout est dit. Vous l'aurez
compris : nous avons, pour notre mission, encore et encore besoin de vous, de votre générosité, du partage de
votre superflu bien sûr, mais peut-être aussi un peu de votre nécessaire…
Merci d'avance. Nous vous restons très unis
dans le Cœur uni de Jésus-Marie, et à chacun nous disons:
Joyeux Carême
!
Pascal
Maillard-Templier.
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